Economie
Les Américains entrent en guerre aux côtés des alliés le 6 avril 1917. Le Sud-Ouest français, éloigné du front de l’est, présente une situation géographique idéale pour la logistique et l’intendance de l’armée. Le port de Bassens offre par ailleurs une porte d’entrée sécurisée pour les hommes et les matériels.

L’aérodrome de Marcel Issartier, décédé en 1914, est rapidement réquisitionné et l’armée américaine décide de construire à Beau-Désert un gigantesque hôpital sur 220 hectares viabilisés, électrifiés (alors qu’une partie de la ville s’éclaire à la lampe à pétrole), alimentés en eau courante et équipés du tout-à-l’égout.

Les travaux sont pharaoniques. Six cent baraques, dont 10 unités hospitalières de 1.000 lits chacune, et une voie ferrée pour relier Beaudésert à la gare de Caudéran sont construites en quelques semaines. De mi-avril 1917 à fin-avril 1919, 84 trains emprunteront cette voie. Les Américains aménagent également un cimetière…

L’hôpital, principalement réalisé à base de bois, de brique et de béton, dispose de nombreux équipements : salles d’opérations et de radiologie, cuisines, lieux de stockage et une blanchisserie hypermoderne qui emploie à elle seule plus de 200 personnes.

Les premiers blessés arrivent du front en juillet 1918 et l’armistice est signé en novembre. Sur cinq mois d’activité, l’hôpital a tout de même soigné quelque 50.000 blessés, américains et européens, militaires ou civils.

Les Américains repartent en 1919 en emportant leurs morts, mais en laissant à la propriétaire 500.000 francs, une somme colossale pour l’époque, et l’ensemble des baraquements. La voie de chemin de fer est rapidement démantelée.

L’impact sur l’économie local est bref, mais massif. Des Mérignacais ont travaillé pour le camp, notamment pour la blanchisserie, qui s’approvisionne essentiellement auprès des fournisseurs locaux. La population de la ville progresse de 27% entre 1911 et 1921.


Informations complémentaires

En savoir plus

Pour ne rien manquer de l'actualité économique à Mérignac : abonnez-vous à nos lettres d'information


Crédit photo : National Library of Medecine (usa)