Sport
Le 18 mars, Mérignac recevait pour la première fois les championnats de France de marche athlétique. La locale de l’étape, Amandine Marcou, s’est classée 6ème lors de cette course de début de saison. Sa motivation n’est pas entamée pour autant : l'Europe se profile à l'horizon.
25 ans, 1,74 m, 54 kg. Corps et regard affûtés. L'éducatrice sportive de la Ville est partie très vite sur ce parcours d'1km qu'elle a répété 20 fois, jusqu'à l'arrivée sous l'arche de l’avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny. « C'était la première course de ma saison. Je n'étais pas prête à tenir une allure aussi rapide. Malgré les cris des nombreux supporters, j'ai vécu l'enfer sur les 3 derniers kms. », avoue la licenciée au SAM Athlétisme qui réalise un chrono honorable d'1h37min50s, à un souffle de son meilleur temps d'1h37min.

SPORT À MATURITÉ TARDIVE

Avec 9 sélections en équipe de France et un titre de championne de France sur 5000 mètres l’année dernière à Marseille, la Mérignacaise court dans le peloton de tête national. Comme tous les sportifs de haut niveau, elle sait relativiser l'échec : « Cette course était l'un de mes objectifs, mais pas une finalité. La marche athlétique est un sport d'endurance à maturité tardive. Ma marge de progression est encore grande. Je rêve des championnats d'Europe, du Monde et des JO. »

À BRETTES, AU JARD OU LE LONG DES VIGNES

Même le départ de sa coach aux ÉtatsUnis n'a pas entamé la motivation de la licenciée en STAPS. « Elle m'envoie les plans d'entraînement par e-mail et on se téléphone tous les jours. J'ai été courir avec elle en janvier et elle est venue à Mérignac pour me suivre lors du championnat de France. » Amandine Marcou va donc continuer à faire ce qu'elle fait le mieux : travailler son rythme, ses cadences pour grappiller les quelques secondes qui lui font encore défaut. « Les places sur le podium se gagnent en fin de course. Il faut être régulier, attaquer dans les derniers kilomètres quand les autres craquent. Savoir attendre son tour. » Patience et persévérance, donc, pour la jeune athlète qui use ses chaussures sur la piste de Robert-Brettes, du Jard, ou le long des vignes de Picque Caillou 6 à 8 fois par semaine. Fin avril, elle devra maîtriser son allure sur les routes tchèques, où elle avait réalisé son meilleur chrono lors d'une compétition internationale. Puis, l'an prochain, l'Europe : mais cette fois, seuls les 4 premiers seront sélectionnés pour les championnats du monde.

DANS SES ÉCOUTEURS AVANT LA COMPÉTITION ?

« Ameno » du groupe Era. Le morceau qui passe au départ du Trail des Templiers (Aveyron) que mon père a souvent couru.

UN MODÈLE ?

Le biathlète Martin Fourcade.

IL NE FAUT PAS LUI DIRE

« Tu cours bizarrement. » C'est faux et irrespectueux pour les athlètes. En même temps, j'ai moi-même commencé par me moquer de cette discipline avant de l'aimer…