Economie

Chaque semaine retrouvez les informations économiques de la Ville de Mérignac : brèves économiques, portraits d'entrepreneurs, marché de emploi, et les événements éco à ne pas manquer.



Numéro spécial Michel Pétuaud-Létang

Michel Pétuaud-Létang est très certainement l’architecte-urbaniste qui incarne le mieux le développement économique de Mérignac de ces cinquante dernières années. Né en 1938, résident de la ville depuis 1947, à l’époque où Mérignac comptait moins de 20.000 habitants, il dépose son premier permis de construire en 1963 pour une maison individuelle à Arcachon.

57 ans plus tard, il préside toujours l’agence 4A (Atelier Aquitain d’Architectes Associés) implantée avenue Kennedy depuis 1972, qui emploie encore directement 27 collaborateurs et réalise bon an mal an entre 2,5 et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce qui le place parmi les 50 premières agences de France.

Outre 2.100 permis de construire, de nombreux projets emblématiques à Mérignac et ailleurs (Les Terrasses du port à Marseille, le siège de la BPSO ou l’Auditorium de la place Gambetta à Bordeaux), Michel Pétuaud-Létang a également formé des architectes comme Luc Arsène-Henry ou Hubert Saladin. La Vieille Église lui avait consacré une rétrospective en 2016. La lettre d’info revient cette semaine sur quelques projets économiques.

En savoir plus sur le site www.4a-architectes.fr/



Semia-Diémo, le premier acte (1965)

Le transfert de l’usine Semia du quartier Saint-Michel à Bordeaux vers l’avenue Kennedy, en 1965, est une étape importante du développement économique de la ville. Mérignac ne compte à l’époque que deux zones d’activité (l’Hippodrome et le Phare), la rocade n’existe pas encore, l’avenue Kennedy est une route sans riverains et le territoire n’accueille encore que peu d’activités productives ou commerciales.

Semia est spécialisé dans la location de matériel de construction et d’entretien pour le BTP. L’entreprise emploie 80 personnes. L’usine est un bâtiment très technique qui développe environ 7.000 m² de surface de plancher. D’un point de vue architectural, l’immeuble est construit en béton préfabriqué et précontraint. Le bâtiment est remarqué et médaillé à la foire de Bologne en 1967.

Le projet est porté par l’industriel Paul Perrinet (1926-1998). L’usine commercialise également les générateurs d’air chaud Diémo. L’usine de Mérignac en fabrique près de 10.000 exemplaires par an dans les années 60, qu’elle exporte ensuite dans près de 50 pays (prix national de l’exportation en 1969). Diémo est cependant victime du choc pétrolier de 1979 et Paul Perrinet doit vendre son bâtiment en urgence et relocaliser son activité au Haillan. L’immeuble sera en partie requalifié dans les années 80.



Le Macumba (1972)

La discothèque le Macumba, inaugurée à Beutre en face de la BA 106 en mai 1973 et démolie en 2018, pour laisser place à des concessions automobiles, incarne en partie le mode de vie des années 1970. Son ouverture a été une petite révolution pour l’agglomération bordelaise, qui ne comptait à l’époque aucune boîte de nuit d’envergure.

C’est Henri Souque, ancien capitaine de gendarmerie en Algérie, qui développe le concept original, sans aucun financement à l’époque (le terrain est loué, la construction est payée par les premières recettes). Pour l’architecture, Michel Pétuaud-Létang choisit de décliner le cercle et les arrondis, en référence au disque et à la danse, comme thème général.

L’architecture, les effets techniques et le décor feutré marquent l’époque. Henri Verneuil y tourne quelques scènes du « Corps de mon ennemi », avec Jean-Paul Belmondo. Sur le plan commercial, le Macumba est un succès phénoménal. La discothèque fonctionne 7 jours sur 7 les premières années. Le parking est régulièrement saturé.

La salle de Mérignac sera étendue pour atteindre une jauge de 4.000 personnes et elle sera déclinée dans plusieurs grandes agglomérations de France, à Madrid, Fribourg et près de Genève. L’interdiction de la cigarette et le développement des discothèques de centre-ville amorceront ensuite le déclin de la salle, qui fermera définitivement ses portes fin 2013.



Le parc club de Cadera (1980-1989)

Historiquement, les activités tertiaires étaient concentrées dans Bordeaux intra-muros. C’est à Mérignac que se développe le premier parc d’activités tertiaires en périphérie. L’industriel Paul Perrinet, propriétaire de terrains acquis auprès de la famille Margnez, obtient la modification du POS au début du mandat de Michel Sainte-Marie.

Ces terrains étant désormais classés en zone d’activité, il lance l’opération du parc club Cadéra (Centre d’Activités Diversifiées de l’Echangeur Rocade Aéroport), dont l’idée lui est venue à la suite d’un voyage aux Etats-Unis dans les années 60 en compagnie de Michel Pétuaud-Létang, encore étudiant à l’époque.

La recette repose sur quelques principes simples : la règle des trois-tiers (1/3 de bâti, 1/3 de voirie, et notamment de parking, et 1/3 d’espaces verts), des bâtiments indépendants de 800 m², intelligents et écologiques, une construction « en blanc », la proximité d’un aéroport et d’une voie rapide.

La création de Cadera en 1980 est une petite révolution. Avant cette date, Mérignac ne comptait en effet que deux zones d’activité, celles du Phare et de l’Hippodrome, toutes deux créées dans les années soixante. Un an plus tard, plus d’une trentaine d’entreprises y sont implantées. Au total, Cadera accueillera 22 bâtiments différents de 1980 à 1989.

L’opération, qui prend valeur de modèle par son succès, est financée par la Banque Privée de Gestion Financière (BPGF). C’est une vraie manne (taxe foncière, taxe professionnelle) pour Mérignac, qui marque le début d’une très forte dynamique dans la périphérie de Bordeaux. Le modèle Cadera servira également de modèle à la Sogeprom (Société de promotion de la Société Générale) qui s’en inspirera pour ses Europarc.



La zone hôtelière de Mérignac (1972-2005)

Le travail de Michel Pétuaud-Létang est également indissociable du développement de la zone hôtelière, puisque lui et ses équipes ont contribué à la conception d’une vingtaine d’établissements hôteliers au total, dont le Grand Hôtel de Bordeaux. Son premier hôtel, le Novotel de Mérignac (130 chambres), dessiné par un architecte nancéen, mais dont l’agence Pétuaud-Létang a conçu le permis de construire et assuré le suivi du chantier, est aussi le premier établissement du quartier de l’aéroport (livraison en 1972).

D’une manière générale, l’hôtellerie de chaînes impose un cahier des charges bien précis, notamment en termes de dimension des chambres ou d’équipements. L’hôtel Mercure (150 chambres ; livraison en 1984) était une commande d’un franchisé, ce qui a permis un peu plus de liberté, notamment dans l’utilisation des matériaux. L’agence 4A a également conçu l’Etap Hôtel (Ibis Budget aujourd’hui) et la résidence Quality Suites (2005).




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