Environnement
Habiter en ville et renoncer à la nature ? Pas question ! À Mérignac, les espaces naturels le sont restés et leur surface a même augmenté ces dernières années. Les Mérignacais profitent des parcs, prennent le frais dans le square près de chez eux, font pousser leurs légumes dans les jardins partagés, cueillent des fruits dans des vergers mis à leur disposition et goûteront bientôt les premiers produits issus de l’agriculture urbaine... Ici, la nature continue de faire pousser des idées !

« Plus qu’un slogan, la ville verte est une formule chargée de sens, effective, qui ne cesse de donner des résultats concrets », explique-t-on à la mission des grands projets urbains et habitat de Mérignac. « Ici la nature est originelle. La ville a grandi au milieu de grands espaces issus de l’agriculture : d’anciennes prairies pour l’élevage et des terres pour le maraîchage. La coulée verte au sud de la commune en conserve la trace. On compte également à Mérignac trois domaines viticoles classés en appellation Pessac Léognan : Luchey-Halde, Picque-Caillou et les Carmes Haut-Brion. »

La volonté de conserver un maximum d’espaces verts en ville s’exprime à travers le PLU. « Des terrains naturels qui avaient été placés en zone AU (à urbaniser) ont été reclassés en zone N, c’est-à-dire naturelle ou agricole. Le PLU n’a ouvert aucune nouvelle zone à l’urbanisation. Le parti pris de la Mairie est, au contraire, de développer la ville, là où il y a déjà des constructions », souligne Thierry Trijoulet, adjoint au Maire délégué aux Grands Projets urbains.

« Mérignac s’inscrit dans le développement durable depuis des années. La ville est même, avec l’un des premiers agendas 21 girondins, l’une des pionnières dans ce domaine. Poursuivre la création d’espaces verts que tous les habitants peuvent occuper, parfois même consommer ou alimenter - comme c’est le cas avec les jardins partagés -, c’est renforcer le lien entre la nature, le social, une alimentation saine et durable. La nature comprise au sens large, c’est, au final, une qualité de vie pour tous. » DAVID CHARBIT Adjoint au Maire, délégué aux finances, au développement durable, et à la ville numérique.

Préserver et planter

La volonté municipale est de préserver la nature et la faire même revenir quand elle manque. Ainsi, un maraîcher, un éleveur de poules et un producteur d’escargots sont en cours d’installation sur des terrains de Beutre, achetés par la Safer à l’initiative de la Ville. Les habitants consommeront bientôt leurs produits... Agriculture urbaine, autosuffisance alimentaire et circuits courts : Mérignac joue sur tous les tableaux !

La Ville s’appuie aussi sur les prescriptions du Grenelle de l’environnement, qui a fait apparaître de nouvelles catégories à protéger à travers les trames vertes et bleues, ces vastes ensembles paysagers où la faune et la flore sont souvent remarquables. Des haies bocagères ont été identifiées dans la coulée verte à l’ouest ou à l’est de la commune. Surtout, on ne les remplace pas par des murs, mais on les entretient. Même démarche pour la trame qui part des Eyquems, remonte le long du parc du Château, longe la cité de l’Yser, englobe le parc du Vivier, le stade Robert-Brettes et la résidence du Parc : cette continuité forme une chaîne dont la Ville veut garder les maillons le plus verts possible.

10 000 arbres pour rafraîchir la ville

Mieux : elle les renforce en plantant davantage d’arbres le long des avenues de la Marne et de la Somme. Pour retrouver des espaces de nature dans les secteurs où dominent les parkings et le bitume, elle fait appel à des paysagistes de renom, comme Michel Desvignes. Ainsi, 10 000 arbres seront plantés dans le futur quartier Marne-Soleil, qui en compte pour l’instant 80 pour 80 hectares !

Objectif : apporter de la verdure, de l’ombre et de la fraîcheur. La charte de l’urbanisme, adoptée par le Conseil municipal fin juin, renforce elle aussi la présence de la végétation en ville. Elle engage notamment les promoteurs immobiliers à élaborer leurs projets en tenant compte des arbres existants sur le terrain, à prendre le boisement originel comme un point de départ et non comme une gêne.

Pas un mérignacais à moins de 500m d'un espace vert

Mais si Mérignac est repérée depuis longtemps comme « une ville verte », c’est surtout pour ses huit parcs, qu’elle a été la première ville à faire écocertifier en une seule fois.

Ces vastes espaces paysagers plus ou moins ornementaux (parc du Vivier, de Bourran...), plus ou moins sauvages et forestiers (parc du Château...), sont complétés, au plus près des foyers d’habitation par des parcs plus modestes et des squares.

À Pichey, la Mairie est en train de mener une action foncière pour maîtriser le terrain d’un parc qui sera le 9e de la Ville.

Cours d’Ornano, la Municipalité a profité d’une dent creuse pour y implanter un square qui n’attend aujourd’hui plus que ses jeux et un petit parking de proximité de 10 places. Le long du stade du Jard, sur l’avenue de Montesquieu, un espace vert « autrefois inaccessible » a été réhabilité pour devenir le square Roland Pénichon, qui sera inauguré à l’automne.

À Arlac, le parc de Tenet, les squares San Marco, Jolibois, le domaine de la Maison carrée forment un maillage vert. En 2020, dans le cadre du réaménagement de la place Mondésir, un square sera également créé. Chaque habitant dispose ainsi d’un coin de nature à moins de 500 m de chez lui.

Mérignac c'est :


  • 250 ha d’espaces verts
  • 1545 arbres plantés entre 2015 et 2017
  • 165 ha d'espaces verts public
  • 13,5 ha de parcs
  • 64,2 ha d'espaces verts dédiés au sport
  • 41 jardins partagés et pédagogiques
  • Tous jardiniers de la ville !

    Les Mérignacais profitent activement de la présence de la nature en ville : dans les jardins familiaux, ils s’organisent avec voisins et amis pour cultiver leurs lopins en version solo ou en commun. Ce jardinage urbain et citoyen a porté ses fruits puisque presque tous les quartiers ont aujourd’hui leurs parcelles. Les jardins familiaux de Beaudésert, créés en 2014, ont même été étendus et remembrés via une association d’insertion par le travail, pour une capacité maximale de 120 bénéficiaires. Ils y cultivent 70 parcelles individuelles, mais peuvent aussi unir leurs efforts pour faire pousser fruits et légumes dans le jardin collectif, avant de boire le verre de l’amitié aux tables de pique-nique, bientôt complétées par des barbecues.

    Au-delà du simple fait de jardiner, ces jardins permettent aux familles de manger ce qu’elles ont cultivé, ils renforcent la cohésion et la mixité sociale et la responsabilité citoyenne. Dans le parc de l’Orée des deux villes, des espaces ont été prévus afin que chacun les agrémente de ses propres plants.

    À Beutre, une fois par semaine, le jardin partagé accueille les résidents de l’EHPAD Pagneau, qui mettent les mains dans la terre des bacs placés à leur hauteur... Les écoliers viennent même les aider à arroser ! Des éducatrices expliquent aux enfants de la crèche « Pomme d’Api » le cycle de vie des plantes, dans deux bandes jardinées au ras du sol. Dans d’autres quartiers, des activités de jardinage sont organisées avec les crèches, comme à Capeyron et au Burck.

    Pionnier des jardins partagés, le jardin du Luchey à Arlac accueille plus de 35 familles qui ont rédigé ensemble le règlement intérieur. À Bourran, un jardinier présent à l’année diffuse conseils et bons gestes pour planter, pailler et composter tandis qu’à La Glacière, le jardin partagé de l’Amicale laïque est entièrement géré par les jeunes qui l’ont dessiné et créé. Un mouvement vertueux accompagné par la Ville, qui ouvre sans cesse de nouvelles parcelles à cultiver : dans le centre, deux jardins ont été inaugurés fin juin 2018, à Yser et Pont de Madame. À Capeyron, un jardin partagé sera créé d’ici la fin de l’année, au pied de la résidence Mésolia. « Les initiatives autour du jardinage urbain et citoyen, la production alimentaire locale, la lutte contre le gaspillage alimentaire et la ville comestible font partie des axes forts de l’agenda 21, dernière version », rappelle-t-on à la mission agenda 21. Planter des arbres fruitiers dans des squares pour que la population en bénéficie ? À Mérignac, ce n’est plus une utopie...

    Qu'elle est verte ma balade !

    Depuis fin septembre, les habitants d’Arlac, des Eyquems et tous les Mérignacais ont un petit chemin à eux, qui sent bon le sous-bois et la terre fraîche. On le trouve entre l’avenue Pierre-Mendès-France et l’avenue Aristide-Briand :

    En savoir plus

    Une balade verte où piétons et vélos se croisent entre des murets artistiquement peints, des arbres remarquables et des pierres anciennes, d’où l’on contemple les vignobles de Picque Caillou et la tour de Veyrines… loin du brouhaha des voitures qui « autrefois » passaient par milliers sur cet axe.

    Deux années auront été nécessaires, et plusieurs réunions de concertation, pour construire ce cheminement qui connecte les deux quartiers, les écoles et le collège. Portée par les habitants, les services de la Ville et de la Métropole, la balade d’Aristide a été aménagée avec des banquettes, du mobilier recyclable (tonneaux, rondins...) et parsemée de panneaux explicatifs sur la faune et la flore locales. Elle accueille depuis le 15 septembre 2018 deux œuvres artistiques : des peintures de Michaël Husser (dont les enfants ont réalisé les fonds) et une monumentale sculpture en métal de « Manufaktur », qui semble sortir du mur !