Portrait
Historien de la photographie et photographe, Gilles Mora est un peu le monsieur photographie américaine en France, depuis les années 70. Le Mérignacais tiendra le 10 décembre, à la Médiathèque, une conférence sur William Gedney, dont les clichés ont eu une influence majeure sur les photographes outre-Atlantique.
Son CV est impressionnant : de la création des « Cahiers de la photographie », 1ère revue technique consacrée au 8ème art en Europe au lancement du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) à Bordeaux. Il pilote pendant des années le festival d’Arles et dirige, depuis 2010, le pavillon populaire de Montpellier.

« On a Doisneau, ils ont Kodak »

Pourtant, ce touche-à-tout exigeant dit avoir eu le déclic un peu « par hasard ».
« J’étais étudiant et j’ai commencé la photo comme tout le monde, dans les années 70. Réfractaire au service militaire, j’ai eu la chance de partir en coopération aux États-Unis, où je me suis familiarisé avec la photo américaine. »
À l’instinct, il capture la moiteur du Sud, le rêve américain accablé, figé dans d’intenses noir et blanc. Ce qu’il a appris là-bas, c’est justement cette photo de rue :
« Nous, on a eu Doisneau et eux ils ont eu Kodak. En France, la photo est plus expérimentale, poétique et humaniste. Aux USA, elle est marquée par la dimension documentaire. Une différence évidente quand on observe le travail d’Edward Weston, Walker Evans, Lee Friedlander ou Diane Arbus. »
Les USA considèrent depuis longtemps la photo comme un art majeur.
« Il y avait déjà une collection de clichés au musée d’art moderne de New York en 1920, alors qu’il a fallu attendre les années 80-90 pour atteindre ce niveau de reconnaissance en Europe.»

Anthologie Américaine

Aujourd’hui, il « lève un peu le pied », mais vient de sortir Antebellum, une anthologie de ses photos américaines aux éditions Lamaindonne et aux presses du Texas.

Le 10 décembre à la Médiathèque, il fera revivre William Gedney, photographe américain majeur, mort du sida dans les années 80 et longtemps oublié, sauf de mister Mora, qui lui consacre une première exposition mondiale*.

En savoir plus sur l’événement



*Au pavillon populaire de Montpellier, du 19 Octobre 2016 au 8 Janvier 2017