Portrait

Si sa vie était un roman, ce serait un « page-turner », une histoire à rebondissements. Tour à tour comédienne, enseignante, cadre puis chef d’entreprise, Pascale Dewambrechies fait tout à fond, sans concession. Fil rouge de ce long fleuve intranquille, l’écriture et l’art.

Dans le bureau de sa villa art déco « Capeyron-Blanc », Pascale Dewambrechies peaufine les derniers chapitres de son deuxième roman « Juste la lumière », à paraître au printemps 2017, «Juste la lumière» (éditions Passiflore) : l’histoire d’une femme, Eva, qui comme Gilda, l’hé- roïne de « L’Effacement » (éditions Passiflore), premier opus de la Mérignacaise, va voir son existence bouleversée par un secret. « C’est un sillon que je creuse : comment une révélation peut tout faire basculer. Ce n’est pas mon histoire », confie l’auteure, « mais il y a quelque chose de moi dans ces deux personnages : la mélancolie de Gilda et, chez Eva, la volonté d’aller au bout. »

Philantrope

Adolescente, Pascale Dewambrechies délaisse Bayonne pour venir étudier à Bordeaux. Après une petite incursion parisienne dans le Cours Simon, elle intègre Sciences Po, enseigne le français avant de rentrer dans l’industrie pharmaceutique... qu’elle quitte pour créer son entreprise de tourisme vitivinicole, vendue il y a quelques années. Aujourd’hui libérée des exigences matérielles, elle se consacre à temps plein à l’écriture et à l’art, en général. Membre des amis du CAPC, présidente du Comité Bordeaux Atlantique de la Fondation de France, avec son mari Jean-Pierre Rousseau, ancien directeur d’un cinéma d’art et d’essai, elle ouvre sa vaste maison des années 30 aux artistes de passage. Le photographe Ferrante Ferranti qui a participé au Mérignac Photographic Festival est l’un de leurs proches, tout comme l’Espagnol Sirvent, dont ils ont accueilli l’exposition dans leur jardin.

"Si j'écris, c'est pour eux"

Avec un tel réseau, on aurait pu s’attendre à un premier roman « cultureux », inspiré par un goût pointu pour la musique baroque, le cinéma et l’art contemporain. « L’Effacement » est au contraire un texte au charme suranné, ancré dans le quotidien d’une femme des années 50 qui quitte son petit village pyrénéen pour se réfugier à Bordeaux. Coup de foudre des éditrices de la maison Passiflore à Dax, qui publient le livre en juin 2014. Un an après, il est lauréat du festival du 1er roman de Chambéry, prix de Saint-Estèphe et du Métro Goncourt. « Je pense avoir trouvé ma voie », explique l’auteure qui a même participé à une rencontre avec des prisonniers de droit commun. Un moment rare : « Ils m’ont dit que "L’Effacement" leur avait fait oublier l’incarcération. Quand la lourde porte s’est refermée derrière moi, je me suis dit : alors si j’écris, c’est pour eux. »


Pour en apprendre un petit peu plus...

  • Sa villa ?
    « Capeyron-Blanc » a fait l’objet d’un dossier dans le magazine « Le Festin », n° 99, septembre 2016.
  • Son endroit ?
    La place centrale de Mérignac, très minérale.
  • Son écrivain ?
    Flaubert ou Proust, les plus grands auteurs descriptifs.