Deux films de Pelechian : "Nous" - "Les Saisons"
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1969 : Nous (Menk), film en 35 mm, Noir et blanc ; 30 mn - Image : Laert Porossian, Elisbar Karavaev, Karen Messian - Son : F. Amirkhanian. - Musique : F. Amirkhanian, Bellini (La Norma) - Rédacteur : Ch. Tatikian - Assistants : L. Davitian, R. Ovanessian, A. Ovsepian - Montage : L. Volkova. - Production : Studio Erevan. - Grand Prix au Festival d'Oberhausen, en 1970.
Un montage alternant images préexistantes et fabriquées, qui composent une lyrique inquiète, d'un humanisme vibrant, ou les regards succèdent aux visages, où le peuple arménien semble résister à toutes les blessures, à toutes les épreuves dont le quotidien rappelle symboliquement la teneur : dramatique avec un enterrement, comique et tragique à la fois, lorsque le conducteur d'un triporteur disparaît dans les gaz d'échappement du véhicule qui le précède, bouleversante lors de la séquence des retrouvailles, où hommes et femmes s'embrassent, s'enlacent, jusqu'au vertige. Sous le regard d'un visage d'enfant, visage primitif, visage douloureux dont la répétition souligne une volonté farouche de partage, de reconnaissance, et de paix universelle.
" Comment oublier. ce peuple arménien en larmes dans les images d'archives des rapatriements successifs (de 1946 à 1950) : retour au pays, étreintes, retrouvailles, corps déportés par l'émotion et le montage qui, au sein de ces images, vrille comme un tourbillon, un vertige, une défaillance ? " (Serge Daney, Libération, 11 août 1983).
1972 : Les Saisons (Tarva Yeghanaknere ou Vremena goda), film en 35 mm, Noir et blanc, 30 mn - Photo : M. Vartanov, B. Hovsepian, G. Tchavouchian - Montage : Aida Galstian - Musique : Vivaldi, V. Kharlamenko - Production : Studio Erevan.
Peut-être l'un des plus beau film du cinéaste, c'est en tout cas celui qui lui assure aujourd'hui une reconnaissance internationale. Les Saisons, est un très beau poème où sont évoqués, en une vaste parabole, les moments déterminants de l'histoire arménienne, depuis les origines volcaniques, jusqu'à la période industrielle. Mais au-delà de cette symbolique où l'on peut lire aussi l'histoire des migrations du peuple arménien, demeurent des séquences étonnantes et inoubliables : l'inertie lente et aventureuse d'une transhumance, des corps en apesanteur, comme passant, infiniment, par-dessus les terres, ou par-dessus les flots, méprisant tous les ancrages, une vision ludique, apaisée, de la moisson et de la fenaison, et ce rythme, surtout, ce rythme qui nourrit l'émotion, sans discours et sans commentaire, et qui fait de toute épreuve le témoignage d'un humanisme salutaire et sublime.






