Portrait
Erik Baron est entré en musique par le cœur et n’en est jamais sorti. Loin des standards radiophoniques, depuis plus de 30 ans, il expérimente sur sa basse des chemins sonores tour à tour chaotiques, extatiques, cosmiques... Lors des Escales d’été, il surprendra dans un spectacle pour les petits.
Ses parents l’ont biberonné à la musique classique, mais ses tympans étaient plus sensibles au souffre du rock progressif et de la pop. « J’ai fait comme tous les ados des années 70 : je me suis acheté une guitare et j’ai appris seul. » À 20 ans, ce fut la basse : « J’étais fan du groupe Magma où cet instrument joue un rôle central. Puis la pop m’a servi à aller vers d’autres musiques, comme le jazz et l’électro. Très tôt, j’ai trafiqué les instruments avec des pédales d’effets. Je rêvais des synthés. Quand les premiers home studio sont sortis, ce fut pour moi une révolution. »

Le crim paie

« L’alchimiste sonore » garde les pieds sur terre quand il s’agit de défendre ses droits : « Travailler au black ne dure qu’un temps. Je suis entré dans l’association mérignacaise du CRIM, créée en 1988 : aujourd’hui encore, elle porte la plupart de mes projets et en fait la promotion. » La Ville fait confiance au musicien : avec son ensemble de basses et de guitares « D-zakord », composé de 10 à 38 musiciens, il se produit au Krakatoa. Au printemps 2010, il fête les 10 ans de cet orchestre à géométrie variable avec un opéra sonore présenté à la Glacière, 12 musiciens qui jouent en continu pendant trois heures dans la Vieille Église et un audio-théâtre dans la Médiathèque !

Radical mais pas élitiste

À 56 ans, Erik Baron, qui a participé à l’aventure du CIAM en 1983, l’une des premières écoles de musique orientée jazz/rock en France, s’émerveille encore des possibilités offertes par la matière sonore : « J’ai testé le jeu avec une pierre, des baguettes, de la ferraille. Je me sers aussi de mes pieds : faire sortir des sons d’une basse au sol, c’est jouissif. On est dans la posture du danseur et plus seulement du guitariste. »

Le public est-il au rendez-vous de ces démonstrations virtuoses ? « Dans mes concerts les plus exigeants, les auditeurs ne sont jamais indifférents : soit ils aiment, soit ils détestent. » Ce radical qui se défend d’être élitiste joue aussi bien au festival international de musique nouvelle « rock in opposition » que devant un parterre d’enfants face auxquels il se fait tour à tour musicien, marionnettiste et sonneur de cloches ! La preuve le 9 août, lors des Escales d’été, dans le spectacle « Som Som » destiné aux... 0-5 ans.

Son dernier album

« La peur », une lecture musicale sur la guerre de 1914-1918 (EsaLabs).

Un endroit préféré ?

Le Domaine de Fantaisie nous a très généreusement ouvert ses portes pour des répétitions. Beaucoup de mes créations sont nées là-bas.

Un souvenir à Mérignac ?

King Crimson au Krakatoa dans les années 2000. Un rêve de gosse.


En savoir plus

Vous pouvez consulter le site de l'artiste sur www.erikbaron.com.