Participation

Le samedi 6 octobre 2018, 6 Mérignacais (3 hommes, 3 femmes) étaient invités par le Maire dans son bureau, pour parler de tout, vraiment tout. Pendant plus d'une heure et demie, ils ont abordé, sans langue de bois, des thèmes aussi divers que la propreté, l'écologie urbaine, les transports en commun, les nuisances sonores, l'entretien de la voirie ou l'accueil du handicap à l'école...

Juste après le traditionnel café, et avant de lancer les débats, le Maire a donné le ton :

« Il n'y a pas de règle du jeu, pas de filtre, pas de censure. Ici, on peut tout se dire. Je vous invite à poser toutes vos questions sans crainte de me vexer, car je peux tout entendre, le bon comme le mauvais. ».

Voilà des années qu'on demande un bus dans mon quartier (le Burck). Pourquoi est-ce si difficile d'ouvrir une nouvelle ligne ?

AA: "Comme vous le savez, c'est la société TBM qui gère les transports en commun pour la Métropole. Or, comme toute entreprise, celle-ci obéit à des impératifs économiques et fonctionne avec des ratios : elle n'ouvre une ligne que si le nombre d'usagers potentiels est assez élevé. On retrouve ce problème de desserte dans d'autres quartiers, notamment Beaudésert et Beutre. La Mairie ne peut forcer une entreprise à agir dans une pure logique de service public. Cependant, nous faisons régulièrement pression auprès de la Métropole pour que TBM prenne en compte les quartiers les moins peuplés. La démographie va dans notre sens : il y a fort à parier que de nouvelles lignes seront bientôt créées."

Il n'y a qu'une seule ligne de bus à Beutre. Aux heures de pointe, le bus est bondé et régulièrement pris dans les embouteillages. Les enfants arrivent en retard au lycée. Tous les critères sont réunis pour que TBM ouvre une nouvelle ligne ou en détourne une, non ?
AA : " En effet, ce quartier est en plein développement : en 2022, il accueillera un collège sur une partie de l'actuelle plaine des sports. Un gymnase sera également ouvert à toute la population. C'est une chance, car les transports en commun vont suivre. Toutefois, il est impossible de détourner une ligne existante pour la faire passer dans un autre quartier : on ne ferait que déplacer le problème. Les usagers de la première ligne seraient moins bien des- servis, donc mécontents."

Je fais partie du Conseil de Développement de Mérignac et du groupe de travail « Que mangera- t-on en 2050 ? ». Quelles actions la Ville va-t-elle mettre en place pour que les habitants, notamment les enfants, mangent plus sain ? Car il y a urgence !

AA : J'ai en effet demandé au Conseil de Développement d'aborder cette thématique. Je vais prendre connaissance dans les jours qui viennent du rapport de votre groupe, et j'en tiendrai compte. Nous avons déjà mis en place des actions fortes. L'agriculture urbaine, de proximité, est un défi mérignacais ! Comme vous le savez, l'agglomération est loin d'atteindre l'auto- suffisance alimentaire : elle importe bien plus qu'elle ne produit. C'est pourquoi, à Courtillas, je me suis battu pour que des terres soient destinées à des producteurs et des éleveurs. Les aliments produits ici seront bientôt en vente sur nos marchés et l'on pourrait les retrouver dans les menus des restaurants scolaires. Les exploitations seront ouvertes au public : les enfants pourront venir les visiter.


Mon grand-père reçoit des menus livrés par la Ville... mais dans des plats en plastique. Ne peut-on les remplacer par des contenants recyclables ?

AA : "Depuis 1999, le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique assure la restauration collective pour Bordeaux et Mérignac. Notre ville a de très nombreuses bouches à nourrir : près de 5 000 enfants dans les restaurants scolaires, 750 personnes âgées et 400 agents municipaux. Votre idée est bonne. Je m'engage à la faire remonter pour qu'elle soit intégrée au cahier des charges de la prochaine consultation. "

Peut-on envisager d'afficher des messages de propreté sur les poubelles pour interpeller les citoyens ?

AA : La propreté est l'une des priorités de la Ville. Nous avons récemment adopté une charte de la propreté et lancé une campagne sur ce thème il y a moins d'un an pour expliquer aux habitants que nous sommes tous responsables de la propreté. L'expression « balayer devant sa porte » me semble ici tout à fait appropriée. Sans l'effort de chacun, une ville ne peut rester propre. Pour véhiculer ce message important, nous allons lancer dans les mois qui viennent une nouvelle opération coup-de- poing avec les élus et les habitants invités à ramasser les déchets sur l'espace public. Alors pourquoi ne pas retenir cette idée de marquer les poubelles ? La propreté commence ici !

Dans mon quartier du Burck, l'habitat et les équipements publics se détériorent. Que pouvez-vous faire ?

AA: "Je suis désolé d'entendre ça, car ce quartier a justement bénéficié, et bénéficiera encore, d'opérations d'amélioration de l'habitat coûteuses pour la Ville. Nous avons mis 500 000 euros sur la table. L'idée est d'aider les propriétaires dont les revenus sont faibles à financer des travaux d'amélioration des logements a n que les locataires s'y sentent mieux. Or, trop de propriétaires pensent encore que ces travaux vont leur faire perdre de l'argent. "

Ma fille est autiste en hôpital de jour. Il n'existe aucune structure périscolaire sur la métropole et les parents comme moi se retrouvent dans des situations impossibles. Ma fille est maintenant accueillie, à titre expérimental, au centre de loisirs des Bosquets à Capeyron. D'une manière générale, que peut faire la Ville pour l'inclusion des enfants autistes dans le périscolaire ?

AA: " Je suis heureux d'avoir pu contribuer à l'amélioration des conditions d'accueil de votre enfant. La situation est déjà dif cile au quotidien, si nous pouvons vous aider sur ce volet, c'est une vraie satisfaction. Il faudrait lancer une étude, a n de savoir combien d'enfants sont dans ce cas, avant d'adapter l'offre de nos services. Je vais proposer une réunion de travail sur ce sujet, avec les responsables des services santé et éducation. Mérignac peut déjà compter sur ses nombreuses structures en faveur de la lutte contre le handicap. Mais nous essaierons néanmoins de nous améliorer dans ce domaine. "

J'habite Beutre où nous subissons les nuisances aéroportuaires liées à la surexploitation de la piste secondaire qui jouxte notre quartier. C'est devenu intenable ! La direction de l'aéroport nous soutient pourtant que cette piste est très peu utilisée. Que faire ?

AA: " Je comprends votre situation et la municipalité soutient la suppression de cette piste, sur la base d'une étude. Elle montre que, même si l'aéroport est en plein développement, la piste principale suffit. Il reste ensuite à convaincre la DGAC*. Sur ce point, la question fait débat, car l'aéroport ouvre chaque année de nouvelles destinations et accueillera bientôt 10 millions de passagers. Je sais que les pilotes ont des prescriptions très précises pour éviter de survoler certaines zones habitées et créer le moins de nuisances possible, notamment sonores. "

Mérignac gagne chaque année de nouveaux habitants et le nombre d'écoles n'augmente pas. Que fait la Mairie ?

AA: " Nous travaillons main dans la main avec l'Académie, qui régule les effectifs scolaires. Nous savons, grâce aux projections démo- graphiques, que nous devons construire une vingtaine de classes, dont un nouveau groupe scolaire au sein de l'opération d'aménagement Marne-Soleil d'ici 2023. Ces questions sont complexes, car la démographie n'est pas la même dans chaque quartier et, parfois, il faut même fermer une classe... pour la rouvrir deux ans après. Nous travaillons actuellement à un schéma directeur des équipements scolaires pour anticiper les besoins de demain. "

Les familles de Roms sont de plus en plus présentes. Elles vivent dans des conditions d'hygiène déplorables et cette insalubrité rejaillit sur nos quartiers. Qu'attend la Mairie pour agir ?

AA: "C'est un problème qui ne touche pas seulement Mérignac, mais l'aggloméra- tion en général. On enregistre environ 500 familles de Roms - d'origines bulgare et roumaine - sur la métropole. Quand elles s'installent sur le domaine public mérignacais, je demande leur expulsion, car les conditions dans lesquelles elles vivent sont intolérables pour elles, comme pour nos habitants. Mais les faire partir, c'est les retrouver le lendemain ailleurs sur l'agglomération. Cette situation doit cesser. Avec les Maires de Bordeaux et de Bègles, nous avons proposé de créer des emplacements temporaires d'insertion. Ces endroits dignes, équipés de sanitaires, pourraient accueillir les Roms à condition que ces derniers prennent certains enga- gements, comme celui, par exemple, de scolariser leurs enfants."


Vous souhaitez participer à la prochaine rencontre avec le maire ?

Inscrivez-vous à notre newsletter pour être informé de la date de la prochaine rencontre et vous inscrire au tirage au sort.

Je m'abonne