Economie

Chaque semaine retrouvez les informations économiques de la Ville de Mérignac : brèves économiques, portraits d'entrepreneurs, marché de emploi, et les événements éco à ne pas manquer.

Dassault Aviation

Dassault Aviation est présente à Mérignac depuis 1950. C’est l’une des entreprises les plus anciennes de la ville. Avec 2.000 collaborateurs, Dassault Aviation est aussi l’un des tous premiers employeurs de Mérignac.



Les premières années

© Dassault Aviation - Droits Réservés

Au-delà de Mérignac, la Nouvelle-Aquitaine est pour Dassault Aviation une région historique et stratégique. C’est en 1935 que Marcel Bloch et Henri Potez créent la Société Aéronautique du Sud-Ouest pour produire les bombardiers MB 200 et MB 210. Et dès 1939, Marcel Bloch installe une petite usine à Talence (le principe est à l’époque d’éloigner la production militaire de la capitale).

En 1949, Marcel Bloch, qui est devenu Marcel Dassault depuis son retour de Buchenwald, est chargé par l’Etat de produire 450 avions (des « Flamant », des « Ouragan » et des « Vampire »). Le site de Talence, situé en cœur de ville, s’avère immédiatement trop exigu. Marcel Dassault transfère alors son entreprise à Mérignac, en bordure de piste de l’aéroport. L’architecture est confiée à Georges Hennequin. Le permis de construire du premier bâtiment de 12.000 m² est obtenu en avril 1950.

Dès octobre 1950, Hennequin conçoit un deuxième bâtiment. Il en dessine ensuite sept autres jusqu’en 1966 au gré des commandes, essentiellement militaires. Et depuis 70 ans, l’extension du site est quasi continue. Le campus compte aujourd’hui 26 bâtiments, sur une emprise de 86 hectares.

Certains d’entre eux, comme les halles dessinées par Luc Arsène-Henry dans les années 2000/2010 pour l’assemblage des Falcon, ont été primés et sont considérés, en matière d’architecture, comme des bâtiments industriels de référence.



Une usine « livrancière »

© Dassault Aviation - S. Randé

Dans le jargon interne de Dassault Aviation, le site (« l’usine ») de Mérignac est considérée comme une usine « livrancière », puisque, depuis sa création, plus de 8.500 appareils civils et militaires sont sortis des différents hangars. Actuellement, le site de Mérignac assure principalement l’assemblage du Rafale et des Falcon 900, 2000, 6X, 7X et 8X.

Plus largement, au-delà de l’assemblage, sont également implantées des activités de conception, de développement technologique, d’achats, d’approvisionnements ainsi que du soutien civil et militaire. Le site assure aussi des activités de formation pour les pilotes et les techniciens. Ces activités représentent plus de 50% de l’effectif du site.



La décennie Dassault Aviation (2010-2020)

© Dassault Aviation - C. Cosmao

Dassault Aviation vient de connaître une décennie 2010 très dense, marquée notamment par plusieurs contrats (dont 4 à l’export) pour le Rafale, l’implantation de Thales, dont elle est l’actionnaire industriel de référence, la sortie de plusieurs nouveaux modèles de Falcon, l’implantation du DFS et le début des travaux d’extension de son campus.

L’avion Rafale est opérationnel au sein de l’armée française et est commercialisé depuis le milieu des années 2000. Mais malgré ses performances, l’avion a longtemps peiné à se vendre à l’export. Les négociations s’accélèrent au début des années 2010 et trois contrats sont finalement signés en 2015 avec l’Egypte (24 appareils), l’Inde (36 appareils) et le Qatar (24 appareils). Un quatrième contrat pour 18 appareils est signé avec la Grèce en septembre 2020, suivis en 2021 par un deuxième contrat avec l’Egypte, puis un contrat avec la Croatie. Chaque contrat représente plusieurs milliards d’euros, comporte des options supplémentaires et garantit le fonctionnement des usines pour plusieurs années.

L’implantation de Thales est également à mettre au crédit de Dassault Aviation puisque les deux entreprises sont des partenaires industriels depuis des décennies (Thales fournit par exemple les radars du Rafale). Dassault Aviation détient 24,7% du capital de Thales depuis 2009 (premier actionnaire privé derrière l’Etat) et surtout le campus a été construit sur des terrains appartenant à la famille Dassault.

Quelques semaines auparavant, Eric Trappier avait inauguré à Mérignac le hangar ultra-moderne du Dassault Falcon Service (DFS), centre de maintenance international pour tous les avions Falcon de la gamme.

Pour ce qui est de l’aviation d’affaires, qui représente 75% du chiffre d’affaires de Dassault Aviation, l’entreprise livre un peu plus de 40 Falcon bon an mal an. Là-encore, la décennie est marquée par la présentation en juin 2015 du Falcon 5 X, présenté à l’époque par Dassault Aviation comme le plus gros investissement de son histoire (1 milliard d’euros), puis par celle du Falcon 6 X en décembre 2020.

Sur le plan immobilier enfin, cette période aura été marquée par l’extension du campus et la construction du nouveau bâtiment XXL. Sa construction représente un investissement estimé à 60 millions d’euros.



Les chiffres clés du campus

© Dassault Aviation - A. Taiba

Dassault Aviation est un géant économique. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 5,5 milliards d’euros en 2020 pour 12.440 collaborateurs répartis sur 18 sites dans le monde.

A Mérignac, le campus est une ville dans la ville qui s’étend sur 86,2 hectares (l’équivalent de cinq fois le parc de Bourran, qui lui, s’étend sur 18 hectares), avec 26 bâtiments et 171.600 m² de surfaces exploitées au bord des pistes de l’aéroport.

Le site a longtemps été uniquement spécialisé dans l’assemblage des avions, mais son effet d’entrainement sur l’économie est considérable, puisque Dassault travaille avec près de 500 sous-traitants locaux.

Au 31 août 2021, 2.000 salariés étaient inscrits au tableau des effectifs de l’entreprise. Ce chiffre, qui n’intègre ni les intérimaires, ni les sous-traitants, positionne déjà Dassault Aviation comme le troisième employeur privé de la ville (après Thales et BNP).



Un immeuble tertiaire XXL

© Dassault Aviation - C. Cosmao

Le nouveau bâtiment est une pièce essentielle du plan de transformation interne « Piloter notre avenir », lancé par Eric Trappier en 2016, et dont un des objectifs est de rapprocher la conception de la production. Il répond aussi à la saturation du siège de l’entreprise, situé à Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine.

Avec près de 25.800 m² de surface de plancher sur 4 niveaux, le nouveau bâtiment de Dassault Aviation inauguré mardi 21 septembre et dessiné par le cabinet d’architecture Patriarche, est tout simplement l’immeuble tertiaire le plus vaste de Mérignac. L’investissement nécessaire est estimé à 60 millions d’euros.

Il s’accompagne du transfert progressif de centaines de collaborateurs de la région parisienne vers Mérignac. A terme, le site emploiera près de 3.500 personnes.

Pour mémoire, la première pierre avait été posée en mai 2019. En termes de fonctions, le bâtiment est destiné à accueillir des bureaux d’étude, de développement et de soutien après-vente pour les activités civiles et militaires de l’entreprise. Au cours de sa prise de parole, Eric Trappier, président directeur général de l’entreprise, avait alors insisté sur la volonté de Dassault Aviation de rapprocher la conception de la production et, plus largement, de repenser les interactions entre Mérignac et Saint-Cloud.

Outre sa superficie, sa capacité totale est de 1.650 postes de travail avec 24 espaces collaboratifs modulaires, 9 plateaux projets, des espaces VIP pour les clients civils et militaires, un centre de commande Falcon, des salles pour bancs systèmes avions, un centre de réalité virtuelle, un centre de réalité immersive et un auditorium de 268 places.

Selon Eric Trappier, les meilleurs standards ont été appliqués en matière de respect de l’environnement : gestion intelligente des éclairages et de l’énergie, panneaux photovoltaïques (1.400 m²), isolation renforcée, toitures végétalisées, système de récupération de chaleur et la plantation de 500 arbres.



Au cœur de l’écosystème aéronautique et militaire

© Dassault Aviation - S. Randé

Le site de Mérignac, qui avait été choisi dans l’immédiat après-guerre pour son éloignement des centres urbains et la disponibilité de terrains au nord de l’aéroport, se trouve aujourd’hui au cœur d’un écosystème extrêmement dense.

Quelques entreprises, dont principalement la SNCASO (le très lointain ancêtre de Sabena Technics), et la base aérienne étaient déjà présents avant la guerre, mais l’implantation de Dassault Aviation a provoqué un effet d’entraînement qui a complètement modelé le paysage économique.

Aujourd’hui, 15.000 emplois aéronautiques se situent au nord de l’aéroport, principalement sur les communes de Mérignac, du Haillan et de Saint-Médard-en-Jalles. Pour ce qui est de Mérignac, Dassault Aviation a progressivement été rejoint par l’Institut de Maintenance Aéronautique (Evering) de l’Université de Bordeaux, la technopole Bordeaux Technowest et un nombre très important de partenaires économiques et technologiques.

Plusieurs projets emblématiques devraient voir le jour dans un futur proche, au premier rang duquel Cœur d’Aéroparc, qui accueillera notamment le futur siège de Bordeaux Technowest et du pôle de compétitivité Aerospace Valley, et Tarmaq, la cité des savoirs aéronautiques et spatiaux.


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