éducation

A la rentrée 2018, Mérignac conservera la semaine de 4,5 jours et les temps d’activités périscolaires gratuits dans ses écoles. Ce choix fait suite à une large concertation auprès des parents et des acteurs du monde éducatif. C’est une décision de bon sens, qui respecte les rythmes de l’enfant. Et une volonté politique, qui privilégie l’équité sociale et l’égalité des chances

En 2014, la Ville avait appliqué la loi de refondation de l’école en passant à la semaine de 4,5 jours. Faut-il maintenir ce système ou faire machine arrière pour revenir à la semaine de 4 jours et laisser les enfants libres le mercredi ? Pour prendre une décision démocratique, la Mairie a mené une large concertation dès le mois d’octobre 2017 avec une conférence sur les rythmes scolaires. Elle s’est poursuivie par une enquête auprès des familles, en novembre. Résultat : 2 537 questionnaires recueillis, soit 59% de participation.

Premier chiffre fort : le taux de satisfaction des parents concernant l’organisation en place : 63,6% jugent le système des 4,5 jours adapté aux rythmes des enfants (contre 36,4%).


Par ailleurs, 85% des personnes interrogées trouvent que les activités proposées gratuitement aux enfants dans le cadre des TAP (Temps d’Activités Périscolaires) sont adaptées. Et 90% des enfants en sont satisfaits.

Dans une deuxième phase, la concertation a été étendue aux enseignants et au personnel municipal (animateurs, ATSEM, etc.). En élémentaire : 8 conseils d’école ont voté pour le maintien de la semaine à 4,5 jours et 6 contre. En maternelle : 9 ont voté pour le retour aux 4 jours et 5 pour le maintien à 4,5 jours.

Sur la base de ces résultats et selon le principe de majorité, la Ville a donc décidé de reconduire la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2018. Des ajustements seront réalisés en maternelle. Afin de mieux prévenir la fatigue chez les enfants les plus jeunes, le contenu des temps d’activités sera revu et permettra notamment aux enfants qui en ont besoin de se reposer. Ainsi, Mérignac poursuit une politique équilibrée, qui vise à la fois le respect des rythmes de l’enfant et l’égalité d’accès à la culture, aux loisirs et au sport, avec, pour tous, des activités gratuites, diversifiées et de qualité.

Les chiffres clés de l'éducation à Mérignac

L'éducation à Mérignac est le premier budget de la Ville (19,5 Millions). 5 200 enfants sont répartis dans les 30 écoles de Mérignac.

2 537 questionnaires ont été recueillis pour la concertation sur les rythmes scolaires, soit 59% de participation des parents ( 6 familles sur 10 ). Sur les résultats de cette enquête :

  • 63,6% des parents trouvent l'organisation du temps scolaire sur 4,5 adaptée au rythmes des enfants, contre 36,4% qui l'estiment peu adaptée.
  • 85% des parents trouvent que les activités proposées gratuitement aux enfants dans le cadre des TAP sont adaptées.
  • 90% des enfants sont satisfaits des activités qui leurs sont proposées toute l'année.
  • 28 conseils d'écoles extraordinaires ont rassemblé 440 personnes.
  • En élémentaire : 8 conseils d'école ont voté pour le maintien de la semaine à 4,5 jours et 6 contre.
  • En maternelle : 9 ont voté pour le retour aux 4 jours et 5 pour le maintien à 4,5 jours.

Les TAP participent à la réduction des inégalités

Marie Récalde, adjointe au Maire, déléguée à l'éducation, au développement économique et à l'innovation répond à trois questions sur les temps d'activités scolaires à Mérignac :

De nombreuses villes sont revenues à la semaine de 4 jours. Pourquoi Mérignac maintientelle la semaine de 4,5 jours ?

« D’abord, parce que nous respectons le choix des parents. Depuis que la réforme a été mise en place, nous avons toujours fonctionné sur la base d’une large concertation. Ensuite, parce que nous ne souhaitons pas procéder à d’incessants changements qui, au final, sont perturbants pour l’enfant et sa cellule familiale. Enfin, nous pensons que cette organisation a montré son efficacité : les journées de classes sont allégées et les heures d’apprentissage mieux réparties sur la semaine grâce à la demi-journée supplé- mentaire du mercredi matin. Aujourd’hui, les enfants reçoivent 5h15 d’enseignement par jour (au lieu des 6h précédant la réforme), ce qui est plus respectueux de leur rythme biologique journalier. »

C’est donc aussi une mesure de progrès social ?

« Oui. Les TAP (Temps d’Activités Périscolaires) participent à la découverte de nouvelles activités - sportives, artistiques, culturelles, scientifiques - mais aussi à l’apprentissage du vivre-ensemble et à la réduction des inégalités. Pour notre équipe, qui fait de la lutte contre le décrochage scolaire et du bien-être des élèves une priorité, cette réforme était une chance. Celle de proposer des contenus pédagogiques gratuits, accessibles à tous les enfants, et dont la qualité est reconnue par l’ensemble de la communauté éducative de Mérignac. En reconduisant la semaine de 4,5 jours, nous consolidons aussi le contrat de confiance avec la plupart des associations.

Cette organisation coûte-t-elle cher à la Ville ?

« L’éducation est le premier budget de la Ville (19,5 millions d’euros). Rester à 4,5 jours coûtera à la Ville 500000 euros par an. Les TAP sont un investissement de plus pour l’avenir des jeunes générations. Les reconduire, c’est placer le bien-être des enfants au premier plan et non pas au second, relégué derrière la question financière ou organisationnelle. Toutefois, la formule adoptée n’est pas figée : des ajustements, toujours nécessaires, seront réalisés. Nous travaillons, par exemple, à l’allègement du contenu des TAP en maternelle, afin d’éviter la fatigue des plus petits. »