Culture
À travers ses voyages dans les mégapoles ultraconnectées de Chine, la photographe bordelaise Sabine Delcour présente son travail à la Vieille Eglise de Mérignac. L’exposition « New Way of living » interroge le monde tel qu’il se construit et pose la question des relations humaines vis à vis de leur environnement. L'exposition est à découvrir à la Vieille Église jusqu’au 13 décembre.

La photographe Sabine Delcour explore des espaces naturels, loin des zones urbaines et applique aux territoires habités les mêmes techniques de chasse photographique. L’exposition « New Way of Living » présente des clichés réalisés en Chine dans des villes ultraconnectées.

« Cette exposition résonne particulièrement pour moi. J’ai fait toute ma scolarité à Mérignac. Je suis émue d’y revenir, d’y être exposée et de voir que la ville de mon enfance réalise tout ce travail de médiation autour de la photo » Sabine Delcour.

Avant de revenir sur sa terre natale, la photographe a longtemps arpenté les paysages préservés d’Islande ou de haute montagne. Mais si sa matière première est bien le monde qui nous entoure et le rapport de l’Homme à son environnement, la démarche de l’artiste n’est pas seulement documentaire. Car Sabine Delcour aime raconter des histoires, décaler le propos et confronter ses images avec des textes, des sons, de la vidéo et même des nombres.

L’exposition « New Way of living » présente ainsi, outre des grands formats des villes chinoises et des focus sur la vie privée, des chiffres data extraits des statistiques du gouvernement chinois sur le nombre d’œufs consommés chaque jour, de lits dans les hôpitaux... Chiffres qui décortiquent nos façons de vivre, et sont une autre façon de raconter les êtres humains d’aujourd’hui.

Une photographe postée à l’affût

« Pour ce travail, je suis partie de l’hypothèse toute personnelle que les êtres humains étaient en mutation. J’ai donc choisi de les observer, comme on piste des animaux dans leur environnement. Avant de partir, je suis allée dans les forêts de Gironde avec des chasseurs, j’ai appris à poser des pièges photographiques, à me poster à l’affût, à reconnaître les traces » explique l'artiste.

À Ordos, ville fantôme et pharaonique construite dans un désert de Mongolie, à Wuhan, aujourd’hui tristement célèbre, ou à Qingdao, ville « moyenne » de « seulement » 8 millions d’habitants, Sabine Delcour s’est fondue dans le décor pendant plusieurs mois tel un photographe animalier. Dans ces villes ultraconnectées, où les caméras de surveillance sont presque aussi nombreuses que les habitants, elle s’est aussi interrogée sur nos rapports aux images et sur les liens que nous tissons, via les réseaux sociaux. Pour Sabine Delcour, la Chine n’est qu’un prétexte, une autre façon de décaler le regard pour nous amener à réfléchir sur le monde que nous sommes en train de construire, ici et aujourd’hui.


Pour aller plus loin

L'exposition est en entrée libre jusqu'au 13 décembre 2020 à la Vieille Église, du mardi au dimanche de 14h à 19h. En savoir plus

Plusieurs rendez-vous sont organisés autour de l'exposition à la Vieille Eglise :

- Samedi 24 octobre : visite suivie d’un instant musical.
- Mercredi 28 octobre : atelier "jouons avec les images" famille et jeunes dès 7 ans
- Vendredi 6 novembre de 19h à 20h : visite à destination du public voyant, malvoyant et aveugle commentée par une médiatrice culturelle.
- Jeudi 19 novembre de 18h30 à 20h : « Habiter le monde » en présence de Sabine Delcour, Jérémie Descamps (sinologue et urbaniste), André-Frédéric Hoyaux (enseignant-chercheur en géographie) et Guy Tapie (professeur de sociologie).
- Jeudi 3 décembre de 18h30 à 20h : rencontre avec Sabine Delcour et Jean-Christophe Baily (écrivain, poète).