03/03/2026

Une saison stratégique pour les espaces verts

Bourgeons, feuilles vert tendre, réveil des animaux : en mars, les parcs mérignacais sont prêts à jouer leur symphonie. Pour accompagner le mouvement, les jardiniers ont travaillé tout l’hiver à planter, prévenir les maladies, tailler... le tout suivant le plan de gestion différenciée. Des interventions le plus souvent invisibles, mais qui préparent les floraisons et limitent les risques avant la reprise de la végétation.

L’hiver, dans les secteurs les plus naturels, les interventions sont millimétrées. Les jardiniers se concentrent sur des travaux de sécurisation. Fin janvier, toutes les feuilles sont tombées et le diagnostic devient plus net : les équipes repèrent les branches fragilisées ou mortes, elles anticipent la reprise, quand l’arbre repartira en pleine sève et que les nouvelles feuilles ajouteront du poids. Un sujet fragilisé peut casser, s’affaisser, voire se déraciner sous sa charge.

Les contrôles visuels d’hiver permettent d’agir avant ces mauvaises surprises. Les branches affaiblies seront élaguées par les arboristes grimpeurs.

Ce check-up d’automne-hiver favorise aussi l’observation des champignons. « On surveille les maladies, les insectes xylophages, l’équilibre général de l’arbre, sa forme et sa vitalité. Certains sujets font l’objet d’études phytosanitaires. Dans les bois comme celui du Burck, où l’on compte des dizaines de milliers d’arbres, impossible de faire du cas par cas, nous appliquons le plan de gestion. Mais dans les parcs, c’est différent. Au parc du Vivier, où l’on compte plus de 1 000 arbres, certains repérés par les équipes en hiver ou suivis tout au long de l’année, sont traités en priorité », explique-t-on au service espace public et environnement de la Ville.

Parfois, pour des raisons de sécurité, parce que l’arbre malade pourrait tomber et blesser des habitants ou bloquer la circulation, un abattage s’impose. Mais même dans ces cas rares, la règle reste stricte: un dossier détaille ce qui est abattu et pourquoi. De plus, chaque fois qu’un arbre est abattu, la Ville replante au moins un sujet, comme le prévoit le PLU.

Question/Réponse

Pourquoi les fontaines ne fonctionnent plus en Hiver ?

Dans les parcs, les réseaux d’arrosage sont coupés en hiver : avec le gel, les tuyaux peuvent casser. Les fontaines ne sont donc plus alimentées, ce qui laisse aux agents le temps de réparer les fuites et de moderniser l’arrosage là où c’est nécessaire.

Dans les parcs, l’hiver fait le printemps !

« L’abattage n’est pas le cœur de notre métier »

Le centre arbres (Bordeaux Métropole) assure cette veille sanitaire avec ses 8 agents arboristes-grimpeurs : « L’hiver, nous travaillons selon deux axes : la lutte contre la chenille processionnaire et les tailles. Dans des pièges sous forme de poches remplies de terre et fixées aux arbres, nous récupérons les chenilles à leur descente de l’arbre. Se croyant au sol, elles forment une chrysalide. Le contenu des poches est ensuite recyclé en compost.

La morte-saison permet aussi d’effectuer une taille nécessaire pour éviter que des insectes ou des agents pathogènes s’installent dans les plaies. Ces tailles dites “de formation” sont douces. Elles ont lieu tous les deux ans et n’ont rien à voir avec un élagage violent, mais sont effectuées dans le respect de la forme du sujet et de sa croissance harmonieuse, même si le but est de permettre la libre circulation sous la ramure. Quant à l’abattage, bien qu’il soit spectaculaire, ce n’est pas le cœur de notre métier. Notre mission première, c’est la sécurisation et le suivi des arbres du domaine public. »

Autre chantier d’hiver : le soufflage et le ramassage des feuilles. Sur la voirie, elles sont soufflées et aspirées car une fois décomposées, elles rendraient les sols glissants. Après leur collecte, elles sont recyclées via la plateforme de compostage de la Grande Jaugue ou directement exploitées sur le site des espaces verts au Centre technique de l’environnement (avenue des Marronniers, quartier Beaudésert). Hors route, la logique change : les feuilles restent au sol, dans les parcs et en pied de végétal. Elles deviennent humus, limitent les adventices (mauvaises herbes) et constituent un parfait paillage d’hiver.

Enfin, de mi-novembre à fin février, quand le sol humide augmente les chances de reprise des végétaux, le service espaces verts lance la campagne de plantations dans les parcs, les écoles, les espaces arborés en ville. L’hiver est aussi la saison propice à la création des massifs de bulbes (ails ornementaux, iris, jacinthes...). « Ces plantes, qui sortent de terre au printemps, sont des marqueurs du climat : les pousses apparaissaient de plus en plus tôt. En 10 ans, nous avons gagné presque 3 semaines », note-t-on au service espace public et environnement.

42 jardiniers répartis en 4 grandes équipes sectorisées participent à cette chorégraphie. Des mains vertes et des esprits créatifs qui, chaque hiver, proposent leurs idées de nouveaux massifs, testent des végétaux dans le respect du plan de gestion. Une fois les schémas de plantation validés, les équipes préparent le terrain, avec l’appui de la serre de Beaudésert, où poussent chaque année plusieurs centaines de milliers de végétaux, parfois à partir de semences récupérées.

Dans les parcs, l’hiver fait le printemps !

Le saviez-vous ?

Plus de 300 espèces animales et 500 espèces végétales ont été inventoriées à Mérignac :

  • 32 espèces de libellules
  • 59 espèces de papillons de jour
  • 33 espèces de mammifères dont 10 espèces de chauves-souris
  • 102 espèces d'oiseaux hivernants
  • 9 espèces d'amphibiens
  • 8 espèces de reptiles
  • 85 espèces d'oiseaux nicheurs
  • 503 espèces floristiques

Vous avez trouvé un nid de frelons asiatiques ?

En hiver, pas d’inquiétude: les nids sont abandonnés et ne sont jamais repeuplés. Si le nid est situé sur le domaine public, vous pouvez contacter la mairie par téléphone ou via l’application mobile ICI Mérignac. Mais s’il est situé sur le domaine privé (chez vous), vous devez faire appel à une entreprise de désinsectisation.

L’hiver : raison garder, fleurs durer

Ces multiples tableaux végétaux élaborés en hiver sont à découvrir en ce moment même dans vos parcs. Du vert tendre, ils vont progressivement passer par toute la palette des couleurs. Le plaisir des sens a guidé les jardiniers... L’adaptation au changement climatique aussi : ainsi, les aulnes coupés ne sont plus replantés, car ils dépérissent l’été et demanderaient trop d’eau. La Ville remplace progressivement des graminées, gourmandes en entretien et source d’allergies. Le fleurissement à tout va recule au profit d’une gestion plus naturelle, exigeant moins d’interventions : aux annuelles et bisannuelles dans les massifs, Mérignac préfère les végétaux « durables » qui s’épanouissent pendant 10 à 30 ans. Une gestion raisonnée et raisonnable.

Plus d'informations sur merignac.com

  • Retrouvez l’Atlas de la biodiversité en ligne
  • Participez au suivi de biodiversité près de chez vous (papillons, insectes pollinisateurs, oiseaux...)

Redonner sa place à la nature

« La gestion des parcs se fait dans la continuité, toute l’année, y compris en hiver. Elle est plus naturelle et moins interventionniste qu’autrefois, dans les parcs comme en ville. On agit par exemple sur la désimperméabilisation autour des arbres sur les trottoirs ou dans les parkings : il s’agit d’agrandir les fosses, de remettre de la pleine terre entre les arbres, là où le bitume a longtemps pris toute la place. »

Gérard Chausset
Adjoint au maire délégué au domaine public, aux espaces verts, aux mobilités et aux travaux