Fil d'Ariane Page d'accueil Actualités Le Krakatoa remet le son ! Le Krakatoa remet le son ! Après 21 mois de travaux, le Krakatoa a enfin rouvert ses portes le 4 septembre. Cette inauguration, couplée au lancement de la saison culturelle de Mérignac, marque le début d’un nouveau chapitre pour cette salle devenue une référence nationale des musiques actuelles. Bâtiment écoresponsable, équipements modernisés, meilleure acoustique, nouveaux espaces... Sans renier son histoire, le « Krakat’ » s’offre un nouvel écrin pour continuer à faire découvrir les artistes de demain. partager sur Twitter Facebook 14/10/2026 Le rideau se lève sur le nouveau KrakatoaÀ Arlac , le rideau se lève enfin. Fermé depuis décembre 2024, le Krakatoa retrouve son public le 4 septembre à l’occasion d’une soirée exceptionnelle organisée par la Ville de Mérignac. L’inauguration de la salle est associée au lancement de la saison culturelle.Un choix cohérent : « Le Krakatoa est profondément ancré dans notre territoire. Nous avions envie que cette réouverture dialogue avec la saison culturelle et que les deux événements se nourrissent mutuelle ment. C’est une manière de montrer que les musiques actuelles occupent pleinement leur place dans la politique culturelle de la Ville », explique-t-on à la direction de la culture.Cette inauguration constitue la dernière étape d’un projet culturel imaginé tout au long du chantier. Bien avant cette ouverture officielle, le public avait déjà pu suivre les étapes de cette transformation lors de trois temps culturels partagés (visites, per formances artistiques de l’artiste Olivier Crouzel, rencontres avec les architectes...). Au total, près de 1 700 personnes ont participé à la métamorphose du Krakat’. Le mot de Thierry Trijoulet , Maire de Mérignac Investir dans la culture, c’est préparer l’avenir.« Depuis plus de 30 ans, le Krakatoa fait partie de l’histoire culturelle de Mérignac. Né en 1990 de la volonté d’élus, d’artistes et de passionnés de musique, il a su, au fil des années, s’imposer comme un lieu reconnu, tout en conservant son âme et sa proximité avec les habitants. Avec sa rénovation, une nouvelle page s’ouvre aujourd’hui. Plus de 10 millions d’euros ont été mobilisés pour ce projet, dont 6 millions par la Ville, avec le soutien de nos partenaires publics que je tiens à remercier. Cet investissement traduit notre volonté de faire vivre la culture au cœur de la Cité et de la rendre accessible à toutes et tous, à toutes les générations. Le nouveau Krakatoa permettra aux artistes, aux équipes et au public de se retrouver dans un lieu renouvelé, tout en poursuivant l’aventure engagée il y a plus de trois décennies. À l’heure où la culture peut subir des remises en cause, nous faisons le choix, à Mérignac, de continuer à l’accompagner. Parce qu’elle est une respiration, une émotion, une ouverture aux autres et une nécessité. Longue vie au Krakatoa, et longue vie à la culture à Mérignac !. » Un chantier ET un projet culturelCar le volcan ne s’est jamais vraiment éteint. Pendant deux ans, plutôt que cacher les travaux derrière de vilaines palissades, la Ville, l’association Transrock (qui gère la salle) et les architectes de la Compagnie Architecture ont choisi d’ouvrir régulièrement le chantier aux habitants. Cette approche a d’ailleurs retenu l’attention du monde de l’architecture. Le projet de rénovation du Krakatoa a été sélectionné pour concourir à un prix national, qui récompense autant la qualité architecturale que la démarche culturelle mise en œuvre autour du chantier.Ainsi, visites guidées, ateliers avec les scolaires, concerts, performances artistiques et rencontres ont rythmé ces 21 mois. Presque deux ans au cours desquels les Arlacais ont souvent croisé l’artiste Olivier Crouzel, appareil photo et carnet de croquis en main. Le vidéaste-plasticien a pris tout son temps pour comprendre l’environnement dans lequel venait s’insérer la mythique salle mérignacaise, consigner les traces de son passé et les gestes des équipes chargées de sa transformation. Une sorte d’archéologie sensible et multiforme que l’artiste a ensuite utilisée pour créer l’exposition Avant, bientôt, visible à la Vieille Église du 22 mai au 26 juillet. Un son signé "Krakatoa"Le chantier du Krakatoa n’est pas une première pour la Compagnie Architecture qui est intervenue sur d’autres SMAC* comme la Sirène à la Rochelle ou le Quai M à La-Roche sur-Yon. Le choix du béton et du bois répond autant à une logique environnementale qu’à une volonté de préserver l’âme du lieu et surtout son identité sonore. « Les habitués retrouveront la signature acoustique qui fait la réputation du Krakatoa. Nous avons travaillé avec un acousticien pour conserver cette proximité entre les artistes et le public, cette légère réverbération qui donne de la vie au son », souligne l’architecte. « Le premier geste écologique consistait justement à conserver l’existant », « Nous avons gardé les quatre murs de la salle historique ainsi que le gradin. Nous avons supprimé les extensions construites au fil du temps, qui avaient fini par brouiller la lecture du bâtiment, puis nous avons construit autour un nouvel ensemble cohérent. » Chloé bodart Architecte de l'agence compagnie architecture Une même identité mais des performances amélioréesMais ce 4 septembre, c’est un autre Krakatoa que l’on vient voir. Toujours le même, mais profondément transformé. Un Krakatoa nouvelle génération. Derrière la façade rouge qui attire le regard depuis l’avenue Victor Hugo se cache désormais un bâtiment entièrement repensé : une grande salle portée à 1 500 places, un club indépendant de 250 places, des halls plus spacieux, un espace dédié à la médiation culturelle, de nouvelles loges pour un meilleur accueil des artistes et des outils techniques adaptés aux exigences actuelles.Pour autant, il n’était pas question de tout raser pour repartir de zéro. Vous avez dit SMAC ?Au même titre que le Bikini à Toulouse, le Transbordeur à Lyon ou l’Aéronef à Lille, le Krakatoa fait partie des 100 salles labellisées SMAC en France. C’est aussi l’une des quatre SMAC (comprenez : Scène de Musiques Actuelles) de la métropole bordelaise. Le Krakatoa a obtenu ce label en 1996. Il est reconnu pour son rôle pionnier dans l’encadrement des groupes émergents (la Pépinière existe depuis 1993), une programmation éclectique et exigeante, souvent en avance sur les tendances, mais aussi pour son engagement dans la médiation culturelle et l’accompagnement des pratiques musicales. Clin d'œil Cette volonté de ne placer aucun artiste au-dessus des autres s’écrivait même sur le sol autocollant du Krakatoa où figuraient les noms de groupes dans la même police et la même casse. Une partie de ce linoléum a été récupérée par l’artiste Olivier Crouzel pour son exposition : Avant, bientôt.Tous les matériaux que les architectes ont pu réemployer l’ont été : les bancs sur les gradins ont été déposés et servent à habiller les deux bars et la billetterie en bardage blanc ; des chutes de tenture et des fins de stocks servent à améliorer l’acoustique des halls... Même les toilettes utilisent l’eau de pluie récupérée dans une cuve ! « Nous avons choisi le béton pour isoler les espaces où l’acoustique est importante : la grande salle, le club, le rez de-chaussée pour les médiations culturelles et la musique. Mais pour tous les espaces autour de ces salles nous avons privilégié une structure à ossature en bois biosourcé ou géosourcé. La lecture architecturale du bâtiment en est facilitée : le béton pour la musique, le bois pour les espaces de vie », résume Chloé Bodart. Un volcan en éveil depuis 36 ansAprès 36 ans, un lifting s’imposait. S’il a changé le visage du Krakatoa, il n’a pas touché son âme : les murs sentent le neuf, mais conservent la mémoire du lieu. Didier Estèbe, fondateur et directeur historique, en est le gardien.« En 1989, je suis allé voir Michel Sainte-Marie avec une idée simple : créer une salle consacrée aux musiques populaires qui ne soit pas guidée uniquement par la rentabilité. À l’époque, Bordeaux comptait surtout des bars rock. Il manquait un véritable lieu capable d’accompagner les artistes, de les faire répéter et de leur offrir de bonnes conditions techniques. Le maire de Mérignac était féru de musique de chambre, mais il a dit banco. »Des artistes émergents et les actions de médiation auprès de tous les publics. La Pépinière, créée en 1993, illustre cette philosophie. Des dizaines de groupes ont fait leurs premiers pas au Krakat’ avant de poursuivre leur carrière. Didier Estèbe se souvient : « Les concerts de Nick Cave, PJ Harvey... des pointures qui débutaient ! Mais on a aussi accueilli Ben Harper que personne ne voulait programmer. Il n’était pas encore à la mode, pourtant il nous a offert un concert magique. En 1998, nous avons reçu Louise Attaque alors inconnu. Je les avais programmés sur simple écoute d’une K7. Ils n’ont même pas fait complet. Même chose avec Muse et les Shaka Ponk alors qu’ils remplissent maintenant des stades ! Et les petits gars de Dätcha Mandala ou Odezenne : des Mérignacais qu’on a accompagnés et qui font carrière aujourd’hui ! Tous ces jeunes de l’époque, on leur offrait la possibilité de jouer dans la même salle que des artistes de renommée internationale comme Macéo Parker, parrain du Krakatoa. » Des artistes émergents et les actions de médiation auprès de tous les publics. La Pépinière, créée en 1993, illustre cette philosophie. Des dizaines de groupes ont fait leurs premiers pas au Krakat’ avant de poursuivre leur carrière. Didier Estèbe se souvient : « Les concerts de Nick Cave, PJ Harvey... des pointures qui débutaient ! Mais on a aussi accueilli Ben Harper que personne ne voulait programmer. Il n’était pas encore à la mode, pourtant il nous a offert un concert magique. En 1998, nous avons reçu Louise Attaque alors inconnu. Je les avais programmés sur simple écoute d’une K7. Ils n’ont même pas fait complet. Même chose avec Muse et les Shaka Ponk alors qu’ils remplissent maintenant des stades ! Et les petits gars de Dätcha Mandala ou Odezenne : des Mérignacais qu’on a accompagnés et qui font carrière aujourd’hui ! Tous ces jeunes de l’époque, on leur offrait la possibilité de jouer dans la.Cet esprit pionnier de défricheur doit perdurer. Justement, dans un contexte où les financements de la culture se tendent, l’ancien directeur voit dans la rénovation de la SMAC mérignacaise un signal fort. « Les musiques actuelles méritent qu’on les écoute dans les meilleures conditions. Mais au-delà de ce confort, les nouveaux équipements donnent au Krakatoa les moyens de poursuivre une mission culturelle et humaniste : c’est un creuset où se mélangent des artistes d’horizons différents, toutes les populations, tous les âges. Le Krakatoa restera un acteur majeur sur notre territoire avec la même ambition qu’à l’origine : surprendre, révéler des artistes et offrir aux Mérignacais des concerts dont ils se souviendront encore trente ans plus tard. ». Suzanne Combo connaît la chanson [3 QUESTIONS À LA NOUVELLE DIRECTRICE DU KRAKATOA]Pour rallumer le volcan, Didier Estèbe et la Ville ont passé le flambeau à Suzanne Combo. La nouvelle directrice connaît déjà le Krakatoa, puisqu’elle y est montée sur scène comme artiste. Elle voit dans sa prise de poste une chance, un défi et une responsabilité.Vous avez un parcours pour le moins atypique. Quels en sont les jalons ?Je suis née à Talence. Mes grands-parents sont Mérignacais. J’ai fait des études littéraires et Sciences Po Paris avec une spécialité management des industries culturelles et des médias. Parallèlement, j’ai développé une carrière artistique dans deux groupes de rock. Avec Pravda, où j’évolue comme bassiste et chanteuse, j’ai eu la chance de fouler la scène du Krakatoa en 2006. Le son était déjà génial ! Il est encore meilleur aujourd’hui... Depuis 13 ans, je dirige la GAM* que j’ai créée avec Axel Bauer. J’ai aussi beaucoup travaillé pour la création du centre national de la musique et j’ai cofondé le collectif CURA en 2019.Quelle est la réputation du Krakatoa dans le monde des musiques actuelles ?Cette SMAC mythique est un parcours obligé pour la plupart des artistes. Elle a une vraie identité dans le secteur pop rock et a été précurseur dans le reggae, avec une programmation innovante, des qualités artistiques et techniques réelles. Le son, un peu mat mais précis et contenu, a une identité singulière que Didier Estèbe et Marc Duvignau, son directeur technique, ont su conserver. Le Krakatoa a une âme.Votre projet pour cet écrin ?"C’est une chance rare d’arriver dans une salle rénovée avec une équipe expérimentée. Et une fierté, car ces postes de direction sont encore trop rarement attribués à des femmes. À moi d’être à la hauteur. La feuille de route doit être précisée, mais dans les grandes lignes, le Krakatoa restera au service des habitants et placera l’artiste au centre d’un projet culturel : il ne sera pas seulement l’invité de cette salle de concert, mais un acteur culturel pour le territoire. Le Krakatoa continuera d’éveiller le public aux musiques actuelles et accompagnera les artistes, notamment locaux, vers la profes sionnalisation. Nous voudrions aussi créer un comité de jeunes lycéens impliqués dans la programmation. Nous accentuerons la coo pération entre les 4 SMAC de la métropole. Avec le désengagement de l’État, travailler en réseau est devenu une nécessité. Enfin, j’aime rais que les spectateurs viennent au Krakatoa les yeux fermés et se disent "Je sais que je vais voir une prestation de qualité." Culture La direction de la culture est chargée de concevoir et de porter l'action de la Ville en matière culturelle et de promouvoir l'accès du plus large public à la culture à travers ses différentes missions : la lecture publique, l'enseignement artistique, les arts vivants, les arts visuels et l'éducation artistique et culturelle. Cette richesse de contenus permet à chaque Mérignacaise et Mérignacais un accès facilité à la culture sous toutes ses formes. Voir la fiche partager sur Twitter Facebook À lire aussi Famille 16/10/2026 Éducation, enfance, jeunesse Vacances de la Toussaint : découvrez les activités à faire en famille ! 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