08/01/2026

Premier employeur de la ville

L’histoire commence en 1936, deux ans après la création du ministère de l’Air. La Base aérienne 106 voit le jour à Beutre sur 150 hectares. En juin 1940, c’est d’ailleurs de là que le général de Gaulle décolle pour Londres… Puis en 1945, la base d’Arlac (BA 204) s’implante sur un ancien site Peugeot. En 1950, Marcel Dassault transfère ses usines de Talence à Mérignac pour répondre à une importante commande militaire. Dès lors, armée et industries de l’avionique fonctionnent de concert, au rythme des conflits, des alliances stratégiques (implantation d’une base OTAN en 1954) et des grands contrats de l’aéronautique de défense. En 1965, les deux tiers des vols à Mérignac sont militaires. L’armée a contribué à façonner l’identité de la commune. C’est une actrice à part entière du développement urbain et économique. Depuis quelques années, sa présence s’accroît et « la grande muette » communique plus volontiers sur ses atouts et ses fleurons, notamment ses deux bases aériennes.

L’armée à Mérignac : une force pour la ville
©Armée de l'Air et de l'Espace

Le saviez-vous ?

Mérignac est la seule ville de France à accueillir deux bases aériennes et trois centres nationaux de décision militaire

Le tout sur un périmètre où évoluent aussi les plus grands industriels de l’aéronautique. Dans l’entre-deux-guerres, il y a eu jusqu’à 5 bases dans la région... Pourquoi ici ? Parce qu’il fallait être le plus loin possible de la zone de conflit et de l’ennemi potentiel qui, à l’époque, était l’Allemagne. Les industriels de l’aérospatiale ont suivi.

Une base militaire au vert

Depuis la fin des années 70, un puits géothermique fournit 80 % des besoins en chauffage de la BA 106. Il va capter à 1200 m de profondeur une eau à plus de 50 degrés.

« Face aux incertitudes nouvelles pesant sur le soutien de l’Otan et aux évolutions outre-Atlantique, la France fait le choix de la souveraineté. Nous pouvons être rassurés : nos armées sont préparées à toutes les formes de conflictualité et s’appuient sur une base industrielle d’excellence, fleuron de notre 6e circonscription de la Gironde, qui garantit notre indépendance technologique. Car l’enjeu dépasse le seul cadre militaire : construire notre autonomie stratégique, c’est bâtir une défense résiliente, impliquant chaque citoyen et chaque force vive de la nation. »

Marie Récalde
Députée de la sixième circonscription de la Gironde, secrétaire de la Commission de la défense nationale et des forces armées / Conseillère municipale

Le Conservatoire de l’Air et de l’Espace d’Aquitaine : une pépite méconnue

Implanté sur la BA 106, le CAEA abrite une collection unique de 62 aéronefs, 55 moteurs et divers équipements, parfois très anciens. Ce conservatoire est aussi un atelier, une exposition permanente dédiée à Air France, une médiathèque riche de plus de 30000 ouvrages, des activités de maquettisme, d’impression 3D et de simulation de vol ! Porté par des bénévoles passionnés, il rayonne bien au-delà de la commune puisqu’il préserve et met en valeur le patrimoine aéronautique et spatial de toute la région. Pourtant, il reste peu connu du grand public... Alors n’attendez pas les prochaines journées du patrimoine pour aller le découvrir !

Informations : www.caea.fr

L’armée à Mérignac : une force pour la ville
©Sandra Auguste / Armée de l'Air et de l'Espace

Ici bat le cœur des BA

Plus qu’une simple base opérationnelle, la BA 106 est un centre névralgique de l’armée de l’Air et de l’Espace. Elle accueille près de 3000 personnes et plusieurs commandements à vocation nationale. À commencer par le Commandement Territorial de l’Armée de l’Air et de l’Espace (CTAAE) qui coordonne toutes les bases françaises. Autre pôle stratégique, la Direction de la Maintenance Aéronautique (DMAé) gère les opérations de soutien technique de l’armée de l’air. Il faut ajouter à ces deux entités un centre de commandement logistique pour l’ensemble des armées dans le Sud-Ouest, un poste de pilotage des opérations extérieures, ainsi qu’un pélicandrome* actif en été contre les incendies.

La BA 204 Commandant Caroline-Aigle, installée à Arlac, concentre pour sa part les savoir-faire techniques. Près de 400 personnes (50 % de civils, 50 % de militaires) y entretiennent ou conçoivent du matériel d’environnement aéronautique : barres de tractage, groupes hydrauliques, tracteurs de piste, matériel pompier, etc. Une base d’ingénieurs, d’artisans et de petites mains précieuses qui ajustent, soudent et dépannent, et où l’on sait aussi innover dans l’atelier d’impression 3D.

* Infrastructure qui permet d’assurer le ravitaillement des bombardiers d’eau affectés à la lutte contre les feux de forêt.

« Une base aérienne est un outil de combat. Depuis la BA 106, nous assurons la protection du ciel de Nouvelle Aquitaine 24h sur 24 grâce à notre intégration dans la chaine de défense aérienne nationale : l’hélicoptère Fennec de Mérignac pour la menace en basse altitude jusqu’au Rafale de Mont-de-Marsan pour la menace plus rapide évoluant en altitude, sans oublier les contrôleurs aériens militaires de Mérignac. Nous sommes capables d’agir en quelques minutes. Au-delà de la mission opérationnelle de protection du territoire national, les aviateurs de la base aérienne sont pleinement engagés au titre des opérations extérieures, pour la logistique des armées du Sud-Ouest ou pour construire des infrastructures après des catastrophes naturelles. »

Colonel Yann Lefebvre
Commandant de la BA 106

2 salons et des D-days

Tous les deux ans, la BA 106 accueille le salon AD2S, rendez-vous européen de la maintenance aéronautique de défense. Autre temps fort, l’UAV Show, consacré aux drones : si les deux premières journées se tiennent à Bordeaux, le troisième jour a lieu à Mérignac, sur l’emprise de l’aéroport, pour le Démo Day. Vitrines des savoir-faire industriels, de l’innovation et des technologies de pointe, ces salons boostent aussi l’économie locale en attirant de nombreux investisseurs et des scientifiques.

En chiffres

  • 150 hectares : superficie de la BA 106
  • 15 000 emplois liés au secteur ASD (Aéronautique Spatial Défense), dont les deux bases (Dassault et Thales)
  • 19 hectares : superficie de la BA 204
  • 90 hectares : emprise de Dassault Aviation
  • 16 hectares : campus Thales

« Nous sommes une base technique, sans avion mais pleinement opérationnelle. Nos équipes conçoivent et réparent les équipements indispensables au bon fonctionnement des missions de l’armée de l’Air et de l’Espace. Certains de nos civils sont là depuis deux générations : ils sont la mémoire vivante de la base. Et nous travaillons étroitement avec le tissu local pour le recrutement, la formation, les actions pédagogiques et les partenariats mémoriels. »

Colonel Christophe Grandclement
Commandant de la BA 204

L’armée de l’Air et de l’Espace : partenaire du développement local

À ces deux bases s’ajoute un écosystème industriel dédié à l’aéronautique, au spatial et à la défense. Dassault Aviation, Thales, Sabena Technics (assure le soutien, la fiabilité et la disponibilité des avions gouvernementaux français), Evering (ingénierie aéronautique en lien avec le campus de Bordeaux) et des dizaines de sous-traitants occupent plusieurs centaines d’hectares sur la commune. On y conçoit, assemble, maintient et innove. Près de 15000 emplois gravitent autour de ce complexe, qui produit les Rafale, les Falcon, mais aussi des radars, des drones et beaucoup d’emplois indirects.

L’armée est d’ailleurs un facteur de stabilité économique pour la commune. Ce n’est pas un hasard si l’aéroport de Mérignac a échappé à la privatisation qui planait sur son avenir entre 2000 et 2010 : sa vocation militaire l’a sauvé. L’aéroport participe à la défense nationale, car ici, la production n’est jamais loin de la décision.

Cette double logique civile/militaire permet également une meilleure résilience économique : pendant la crise du Covid, Mérignac a mieux encaissé le choc que Toulouse.

L’armée à Mérignac : une force pour la ville
©Yvann Peyrefiche / Armée de l'Air et de l'Espace

Quelques repères historiques

  • 1937 : ouverture de la base de Beutre (deux ans après la création du ministère de l’Air)
  • 1940 : départ du général de Gaulle pour Londres
  • 1945 : création de la base d’Arlac
  • 1949 : traité de Washingon (création de l’Otan)
  • 1950 : implantation des usines Dassault
  • 1954 : implantation d’une base de l’Otan à la BA 106
  • 1965 : les deux-tiers des mouvements d’avion sont militaires
  • 1989 : création de Bordeaux Technowest
  • 2010 : création d’un espace secret-défense à Bordeaux Technowest
  • 2011 : implantation de la Simmad (DMAé)
  • 2012 : première édition d’ADS Show (AD2S aujourd’hui)
  • 2015 : premier contrat export du Rafale (Égypte)
  • 2016 : implantation du campus de Thales
L’armée à Mérignac : une force pour la ville
©Yvann Peyrefiche / Armée de l'Air et de l'Espace

Volez jeunesse !

Les deux mondes coopèrent aussi pour préparer les générations futures. Comme n’importe quel employeur, les deux bases accueillent des scolaires en stage, des alternants et sont ouvertes sur le monde de l’éducation, notamment à travers les Escadrilles Air Jeunesse (pendant 2 ans, 90 jeunes de 13 à 17 ans découvrent le monde de l’aéronautique, développent leur esprit d’équipe et acquièrent, pour les plus motivés d’entre eux, des compétences de leadership) ou les classes de défense (découverte de la défense nationale, du devoir de mémoire, de l’aéronautique...). Pour l’armée, cette transmission de connaissances et de valeurs est cruciale, mais elle est aussi l’occasion de communiquer sur des opportunités de carrière.

Nulle part ailleurs dans la région

L’antenne « Côté Sciences Air & Espace » à Beaudésert est la seule en Nouvelle Aquitaine à proposer des animations sur l’aéronautique et l’espace. Informations : www.cap-sciences.net

Ville et armée avancent ensemble

« La présence de l’armée à Mérignac est un atout majeur pour la ville. Elle porte des valeurs de service, de courage et d’engagement qui inspirent la jeunesse, soutiennent les projets éducatifs et renforcent la cohésion locale. Acteur stable, l’armée contribue aussi au dynamisme économique et social du territoire. Marraine de la classe de défense du collège des Eyquems, j’accompagne régulièrement des jeunes vers des stages et des vocations. Ville et armée avancent ensemble. »

Mauricette Boisseau
Adjointe au maire, déléguée aux relations publiques, aux affaires militaires et aux commissions de sécurité