13/04/2026

Joëlle Bonnifait, metteuse en scène et directrice artistique de la Compagnie CTA6 en a rêvé toute sa carrière : faire du conte un terrain d’expérimentation artistique et en même temps un levier de cohésion entre des habitants, quels que soient leurs âges, leurs sexes, leurs histoires... Son rêve a pris la forme d’un festival qui éclôt sur tout un week-end, grâce aux efforts conjugués de CTA6, du G10 (le collectif des 10 associations d’animation et d’éducation populaire de Mérignac), de la Ville...
et de tous les Mérignacais qui participent à cette aventure depuis 8 mois.

Chaque voix conte 

Du conte classique aux formes les plusinattendues, Contes et Tintamarre revendique des influences plurielles réunies par un fil conducteur : la voix, qu’elle joue, qu’elle conte ou qu’elle chante... avec l’ambition de faire du récit un outil de rencontre et de « paix durable », puisque c’est le sous-thème de ce festival mûri de longue date.
Lancé en septembre 2025, le projet a irrigué les centres d’animation, les écoles et le collège. Écriture de contes, théâtre, chant... : chaque structure a développé son propre parcours et travaillé ses propres créations. La médiathèque s’est associée à la démarche, tout comme l’école élémentaire Anatole-France, qui accueille une résidence d’artistes dans le cadre du projet
d’éducation artistique et culturelle. Le collège de Capeyron a préparé une pièce de théâtre, le Domaine de Fantaisie un kamishibaï* géant... Une partie de ces travaux sera présentée au public, aux côtés d’une programmation professionnelle de conteuses et conteurs invités. Le message est clair : la culture se construit à plusieurs.

Trois jours et un quartier en mouvement 

Le temps fort débute vendredi à 19h avec une déambulation sonore depuis l’Amicale laïque jusqu’à la salle des fêtes de la Glacière : bouteilles et boîtes de conserve rythmeront un tintamarre organisé, avant l’accueil du Choeur Voyageur d’Alexis Dufaure. Le samedi, la salle des fêtes enchaîne contes, slam, théâtre et chant lors d’un marathon artistique gratuit, tandis que le dimanche propose une journée plus intime, avec une nouvelle vague de restitutions, un concert et un final avec lâcher de ballons. La culture divertit, questionne, éduque... mais surtout, elle rassemble !

3 questions à Joëlle Bonnifait

Pourquoi le conte ?
« Le conte embrasse de nombreuses esthétiques. De la plus traditionnelle à la plus contemporaine. On peut raconter, chanter, slamer... pour dire ce qu’on a à dire. C’est une forme artistique populaire, intergénérationnelle et fédératrice. »

Comment avez-vous travaillé avec les habitants ?
« Avec le G10, nous sommes allés dans chaque quartier. Les enfants, les animateurs, les familles ont créé leur propre projet autour de la paix durable. »

Et avec la Ville ?
« La direction de la cohésion sociale et la direction de la culture ont fait preuve d’une implication sans faille. De tous les projets comparables que j’ai montés au cours de ma carrière, c’est à Mérignac que j’ai trouvé le meilleur soutien. Dans ce festival, la programmation est de qualité et tout est gratuit ! Le public n’a juste qu’à payer son repas au foodtruck ! »

Joëlle Bonnifait
Metteuse en scène et directrice artistique de la compagnie mérignacaise CTA6
Contes et tintamarre

Parole d’élue
Une offre culturelle complémentaire à la programmation municipale
« Les 10 associations d’animation de quartier et d’éducation populaire irriguent la commune toute l’année. Contes et Tintamarre en est une illustration concrète : la Ville soutient et accompagne, mais ce sont bien les associations, les artistes et les habitants qui portent, inventent et font vivre des propositions culturelles ancrées dans les quartiers.
Cette dynamique d’éducation populaire complète et enrichit la programmation culturelle municipale. »

Samira El Kadhir
Adjointe au maire déléguée à la cohésion sociale, à l’animation territoriale et à la vie associative