27/09/2026

À 77 ans, Claude Grollier-Blanchefleur continue de consacrer une grande partie de son temps aux autres. Elle l’a toujours fait : auprès des SDF, des personnes âgées isolées, des enfants hospitalisés ou des chats abandonnés... avec la conviction que chacun peut agir pour soulager ceux qui souffrent.

Assistante de direction pendant 23 ans dans une entreprise de travaux publics à Mérignac, Claude fait partie des vaillantes, des fidèles : quand elle s’engage, c’est pour de bon. « J’ai été active auprès de l’association des parents  d’élèves, au club de football de mes enfants et dans plusieurs associations locales ; j’ai œuvré très tôt dans une halte de nuit pour aider les SDF. Le bénévolat fait partie de moi depuis ?... oh... depuis toujours ! ». Retraitée, elle rejoint les Petits Frères des Pauvres, une association laïque qui lutte contre l’isolement des personnes âgées. 

« Elles font partie de ma vie et moi de la leur »

Pendant 14 ans, elle est référente de l’équipe mérignacaise et coordonne 18 bénévoles. Aujourd’hui, elle poursuit son action au sein du réseau MonaLisa, porté par le CCAS de Mérignac et rend visite chaque semaine à deux habitantes âgées. « Quand j’arrive, je sais que je suis attendue, et quand je repars j’ai de l’énergie pour toute la journée ! », confie-t-elle. « On partage parfois un petit-déjeuner, je leur fais quelques courses, ou je les accompagne à un rendez-vous médical. Elles font partie de ma vie et moi de la leur ! Ce ne sont pas des personnes désargentées mais des personnes seules, qui ont l’impression de ne plus compter pour notre société. »

Une promesse d’enfance devenue un engagement

Quand on l’interroge sur cette attention particulière portée aux aînés, Claude évoque un souvenir d’enfance : « Dans mon quartier, il y avait une petite dame qui trottinait, le dos courbé, toujours habillée de noir. Elle s’appelait Léonie et vivait seule depuis la disparition de son fiancé à la guerre. Un jour, je me suis étonnée de ne plus la voir passer. J’ai appris qu’elle était décédée. Cette histoire m’a beaucoup marquée. Je me suis alors juré qu’une fois adulte, je ferais en sorte qu’aucune Léonie ne reste seule ! »

Passez le message...  

En début d’année, le parcours de cette infatigable bénévole (depuis 15 ans, elle intervient également auprès des personnes âgées avec l’association Les Blouses Roses qui distrait les malades de tous âges, et donne de son temps au refuge félin Potron-Minet, qui recueille, soigne et fait adopter des chats abandonnés) a été salué lors de la cérémonie des Talents Mérignacais. « Pourtant, beaucoup de bénévoles font davantage que moi », assure-t-elle. Elle a donc profité de cette soirée pour passer son message : « Les anciens deviennent invisibles pour le reste de la société. Il faut veiller sur eux, leur téléphoner, prendre des nouvelles. Parfois, ils n’ont plus que nous. Faire partie de la vie d’une personne âgée, c’est très beau. »